ERRANCE, ERRANCE…

 

Nous sommes entrés dans les temps difficiles dont l’apôtre Paul a parlé dans 2 Timothée 3. S‘agissant de sa description du monde, le monde a toujours été ainsi mais il y a tout simplement certaines caractéristiques qui s’accentuent davantage, par suite de l’accroissement de l’iniquité. En revanche, du côté des croyants, il y a ces qualificatifs :  « aimant le plaisir plus que Dieu, ayant l’apparence de la piété, mais reniant ce qui en fait la force. » (2 Timothée 3.4)

Aujourd’hui, plus que jamais, c’est l’engagement à long terme des croyants qui pèche, ainsi que la stabilité de cet engagement.

Vous savez tous que dans un bistrot français, on entend nombre de déclarations plus fantaisistes les unes que les autres, le français aime parler mais le plus souvent sans donner suite à ses paroles qui, pourtant, l’engagent.

La Parole de Dieu dit : Ne te presse pas d’ouvrir la bouche et ne te laisse pas entraîner par ton cœur à formuler hâtivement des promesses en présence de Dieu, car Dieu est au ciel, et toi tu es sur la terre. Que tes paroles soient donc peu nombreuses. En effet, de même que les rêves naissent de la multitude des occupations, de même un flot abondant de paroles engendre des propos inconsidérés. Si tu as fait un vœu à Dieu, accomplis-le sans tarder, car les insensés déplaisent à Dieu. Ce que tu as promis, tiens-le. Il vaut mieux ne pas faire de vœu qu’en faire et ne pas s’en acquitter. Ne laisse pas tes paroles te charger d’une faute et ne va pas dire au représentant de Dieu : « Mon vœu était une erreur. » Pourquoi irriter Dieu par tes paroles et faire échouer tes entreprises ? Car beaucoup de vaines rêveries aboutissent à beaucoup de paroles en l’air. C’est pourquoi : éprouve un grand respect pour Dieu. (Ecclésiaste 5.2-7)

Sur fond de fin des temps, avec le confinement dû au coronavirus, on a entendu parler de réveil au sein de l’Eglise, du temps des retrouvailles qui serait magnifique, retentissant. Mais dans les faits ? Au sein des églises, la proportion de croyants restant chez eux par crainte, la proportion d’autres qui ont pris goût à la grasse matinée le dimanche matin et a sombré dans la torpeur me font déclarer : où est ce réveil personnel tant attendu ?

Le fondement de la vie de l’Eglise de Jésus-Christ n’a pas changé, il demeure : Dès lors, ils s’attachaient à écouter assidûment l’enseignement des apôtres, à vivre en communion les uns avec les autres, à rompre le pain et à prier ensemble. (Actes 2.42). L’unité qui s’ensuivait, la crainte de Dieu et les miracles et les prodiges avaient leur cause dans ce rassemblement unitaire.

Rien n’a changé, c’est le présentiel qui demeure la norme pour Dieu. Tu as beau regarder des messages sur internet (certains font du mal aux croyants qui ne connaissent pas les Ecritures lorsque celui qui prêche, prêche ses idées et non la Parole de Dieu de sorte que cela insinue le doute dans le cœur des auditeurs). Sans compter qu’on ne peut être béni lorsqu’on est dans la désobéissance à Dieu et à sa Parole, qui est la norme qui doit gouverner nos comportements.

Doutons-nous de la nécessité d’être présent ensemble avec les autres croyants ? Croyez-vous que, comme pour un cours par correspondance ou en ligne, vous pouvez vous contenter d’un culte par procuration ? Recevoir Sa bénédiction de cette façon en continu ?

Ce n’était pas ce que pensait Paul : Car j’ai le vif désir d’aller vous voir pour vous apporter quelque bienfait spirituel en vue d’affermir votre foi, ou mieux : pour que nous nous encouragions mutuellement, vous et moi, par la foi qui nous est commune.  Je tiens à ce que vous le sachiez, frères : j’ai souvent formé le projet de me rendre chez vous, mais j’en ai été empêché jusqu’à présent. En effet, je souhaite pouvoir récolter quelques fruits parmi vous comme parmi bien d’autres peuples.  Je me dois à tous les hommes, civilisés ou non, instruits ou ignorants. Voilà pourquoi je désire aussi vous annoncer l’Evangile, à vous qui êtes à Rome. Romains 1.11-15

Dieu aime le concret, il a donné Jésus, qui a pris la forme d’un homme, qui plus est d’un Serviteur. Dieu s’est incarné ! C’est du concret ! Il n’est pas venu s’incarner en 2020 sur internet mais au contraire à une époque difficile et quand ces technologies n’existaient pas. Il est de plus mot sur la croix pour nous sauver de la perdition éternelle, terrible réalité qu’aucune génération ne peut effacer ni éviter.

Combien il est dommage que nos vœux soient des vœux pieux ! des paroles creuses ! Qu’on n’aime pas davantage la communion fraternelle mais une autre caractéristique de la fin des temps, décrite par Jésus, con cerne non pas le monde qui ne le possède pas mais les croyants : par suite de l’iniquité croissante l’amour agapè du plus grand nombre se refroidira. (Mathieu 24.12).

Oh ! Quel plaisir c’est, pour des frères, et quel bonheur que d’être ensemble ! C’est comme l’huile parfumée répandue sur la tête, qui descend sur la barbe, la barbe d’Aaron, et coule jusqu’au bord de ses habits. C’est comme la rosée qui descend de l’Hermon sur le mont de Sion. C’est là que l’Eternel accorde sa bénédiction et la vie pour toujours. Psaume 133.

Vous avez bien lu, c’est dans le rassemblement fraternel que se trouve la bénédiction, pas sur le rassemblement virtuel. Puissions-nous prêter attention à ces paroles et ne pas les prendre à la légère car c’est la volonté de Dieu.

Dans ce temps, il y a aussi un mot que la Bible emploie : apostasie. Or l’Esprit dit expressément qu’aux derniers temps quelques-uns apostasieront de la foi, s’attachant à des esprits séducteurs et à des enseignements de démons, disant des mensonges par hypocrisie, ayant leur propre conscience cautérisée1 Timothée 4.1-2

Ce terme a des significations nuancées : se retirer, s’éloigner, tomber, déserter, s’absenter, devenir infidèle, chuter, abandonner, succomber.

Sans doute peut-on s’y reconnaître. Il y a un début à tout : on commence par l’absence, la désertion et on va crescendo avec toutes les conséquences spirituelles : auto-séduction, séduction spirituelle, rébellion…

Attention au syndrome de Laodicée : Je connais ta conduite et je sais que tu n’es ni froid, ni bouillant. Ah ! si seulement tu étais froid ou bouillant ! Mais puisque tu es tiède, puisque tu n’es ni froid, ni bouillant, je vais te vomir de ma bouche. Apoc 3.15-16

Le Seigneur ne sanctionne pas la froideur, elle ne fait pas partie de son Eglise. Seule la chaleur, la passion fait partie de ce qui est partie intégrante du Corps de Christ et ne peut être rejeté. En revanche, le pire est la tiédeur, cet état qui prétend pouvoir être entre les deux et vivre au sein même de son Corps. Jésus emploie cette image pour décrire qu’il voit cela comme un corps étranger et que, comme tout corps étranger qui provoque une gêne, une infection, une inconvenance, il vomit la et le tiède avec.

Le Seigneur indique toutefois le remède à cette tiédeur, il passe par un mouvement de repentance :

C’est pourquoi je te donne un conseil : achète chez moi de l’or purifié au feu pour devenir réellement riche, des vêtements blancs pour te couvrir afin qu’on ne voie pas ta honteuse nudité, et un collyre pour soigner tes yeux afin que tu puisses voir clair. Moi, ceux que j’aime, je les reprends et je les corrige. Fais donc preuve de zèle, et change ! Voici : je me tiens devant la porte et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui et je dînerai avec lui et lui avec moi. Le vainqueur, je le ferai siéger avec moi sur mon trône, comme moi-même, je suis allé siéger avec mon Père sur son trône après avoir remporté la victoire. Que celui qui a des oreilles écoute ce que l’Esprit dit aux Eglises. » Apoc 3.18-22

De la pauvreté ou médiocrité spirituelle ou d’une fausse richesse couverte par l’apparence de la piété, il faut devenir riche en revenant à Christ ! De la nudité spirituelle, il faut passer au revêtement de la justice de Christ et à l’onction de son Esprit ! Fasse au manque de vision de la volonté de Dieu et de sa perspective, un collyre est nécessaire pour nettoyer et désinfecter nos yeux spirituels, le zèle doit remplacer la tiédeur et la victoire toute cette défaite.