Il n’est pas ou il n’est plus ici ? (Ravi Zacharias)

 

Il y a un hôtel où j’ai séjourné fréquemment pendant les 30 dernières années. Je connais beaucoup de membres de l’équipe et à chaque fois que j’y reviens, ils m’offrent l’hospitalité la meilleure et la plus sympathique. J’ai constaté que lorsque vous parlez aux gens, vous apprenez beaucoup concernant la vie à différents niveaux économiques, mais tous avec les mêmes défis.

L’une des personnes que je préfère était un porteur de bagages nommé Raj. Il prenait un soin particulier pour s’assurer que je ne transgresse jamais les ordres de mon médecin de ne pas porter des valises lourdes. Quand je remplissais ma fiche d’hôtel, il emportait mes sacs et les rangeait dans ma chambre.  Nous parlions souvent de questions politiques et spirituelles. C’était un monsieur très intelligent et un très brillant causeur. Je n’oublierai jamais sa déclaration sur les politiciens de son pays.  « Ce ne sont pas des partis politiques, Monsieur. Ce sont des cartels rusés et manipulateurs. —

Cette fois-ci, alors que je séjournais là-bas, je ne l’ai pas vu le premier jour, aussi me suis-je dit qu’il s’agissait de son jour de congé. Quand je ne l’ai pas vu le second jour, j’ai demandé à l’un des autres porteurs si Raj était en congés.

« Oh non, Monsieur. Il n’est plus » fut la réponse.

Tout à fait surpris par l’expression, j’ai demandé s’il ne travaillait plus là. La réponse fut la même expression répétée : « Non, Monsieur. Il n’est plus. Il est mort le mois dernier. » J’étais choqué car l’homme avait la cinquantaine. Evidemment, il était reparti à la maison un soir après le travail, avait dit à sa femme qu’il ne se sentait pas bien et il est allé au lit après avoir pris un repas léger. Quand elle a voulu le réveiller pour le petit déjeuner, il avait déjà poussé son dernier soupir.

« Il n’est plus ».

Cette expression définit bien les choses, n’est-ce pas ? Le célèbre écrivain Nikos Kazantzakis, qui était en bisbille avec l’église dans son très controversé « La dernière Tentation du Christ », demandait que les paroles suivantes soient gravées sur la pierre de son tombeau :

Den elpizo tipota.

Den fovumai tipota.

Elmai eleftheros.

Je n’espère rien.

Je ne crains rien.

Je suis libre.

Déclaration très cavalière, si ce n’est qu’il n’est pas là pour défendre ces propositions. Aussi, c’est censé plus impressionner le lecteur que de vous dire autre chose sur le défunt, que ce qu’il ait dit soit justifié ou non. Et comme pour son état d’esprit concernant la mort, tous ces sentiments sont dans la catégorie suprême de l’erreur.  S’il n’existe, attribuer ces sentiments porte à penser ce qu’aurait dit Aristote en définissant « rien » : ce qui berce d’illusion. Un rocher n’espère jamais, ne craint pas ou ne recherche pas la liberté. C’est pour le vivant. »

Tout le message de Pâques définit cette aspiration à être. Après que Jésus soit ressuscité des morts, les femmes sont allées visiter l’endroit où on avait déposé son corps. Les anges qu’elles ont rencontrés n’ont pas dit : « Il n’est plus ! » Il a dit : « Saisies de frayeur, elles baissèrent le visage contre terre ; mais ils leur dirent : Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant ? Il n’est point ici, mais il est ressuscité.  » (Luc 24 :5-6).

Cette déclaration définit tout à propos de qui nous sommes. Pour celui ou celle qui a donné sa vie à Jésus, il ne sera jamais question pour nous de « ne pas être ! » Nous sommes censés être dans sa présence éternellement. L’expression « Goodbye (au revoir en français) » est une contraction de « God be with you » (Dieu soit avec vous). C’est la même chose avec « adios » : « Va avec Dieu”.

Nos cœurs languissent après cette intimité. Le Ciel est l’intimité accomplie de l’esprit. Ce n’est pas une erreur catégorique, il définit plutôt l’expression suprême de la vie dans son essence. Notre esprit en communion avec le Sien. La chose la plus proche d’un attouchement éprouvé par l’Esprit.

Le temps viendra où nous aurons aussi à dire au revoir ou adieu pour la dernière fois. Quand cela arrivera, combien il est merveilleux de savoir que ceux qui parleront de nous n’auront pas à dire « il n’est plus ». Ils pourront dire victorieusement : « Il n’est pas ici, il est ressuscité ».

Le message de l’Evangile, du commencement à la fin, est dépendant de cette promesse de Jésus qu’il ressusciterait. Ce tombeau inhabité est le sceau de sa promesse en tant que Celui qui donne la vie éternelle. Pendant des siècles, les sceptiques sont partis dans des directions ridicules pour tenter d’expliquer pourquoi ses ennemis ne pouvaient pas présenter son corps. C’était ce dont ils avaient besoin pour étouffer la rumeur de sa résurrection.  Mais il ne s’agissait pas d’une rumeur. C’était une promesse accomplie vue par un grand nombre et cela a changé le cours de l’histoire.

Luc était un médecin. Il savait ce qui se passe pour un corps quant il mourait. Il écrit au sujet de la résurrection et du travail de l’Eglise primitive. La résurrection a été vue et vécue. C’était l’évènement qui disait au monde que le dernier mot de l’histoire est Son histoire de ce que la vie était censée être.

L’auteur athée réputé, qui est devenu disciple de Jésus, A.N. Wilson a dit qu’il se trouvait dans un culte de Pâques quand il a vu le simulacre et le vide de sa vie sans Dieu. Il a décrit sa conversion à l’athéisme comme « une expérience de chemin de Damas » et son retour à Jésus comme un long et dur processus à travers doutes et luttes. Une partie de cette lutte lui a fait voir la différence entre la logique qui a conduit Hitler à sa mission et celle de Bonhoeffer à la sienne. La croyance et ses conséquences étaient deux mondes à part. Il a clairement vu la valeur de la vie SELON le message de Jésus et l’espérance et la joie du message Chrétien ; La foi qu’il attaquait autrefois, il l’embrassait désormais. Tout cela est arrivé dans une petite église tandis qu’il entendait le message et écoutait les hymnes. La mort n’avait alors plus à être crainte, pas parce que nous sommes brillants ou audacieux ou parce que nous écrivons des livres recevant des prix d’honneur, comme Kazantzakis l’a fait, mais parce que Jésus vit pour nous offrir la vie éternelle. Même l’athée Anthony Flew a garanti qu’il s’agissait du test décisif de la foi Chrétienne et que, si elle est vraie, elle définit la vie.

Billy Graham racontait l’histoire du Chancelier Allemand Konrad Adenauer regardant les ruines de la guerre et disant à M. Graham : « En dehors de la résurrection de Jésus-Christ, je ne connais aucune autre espérance pour l’humanité ».

La conversion de Saul en Paul et du sceptique Thomas ont montré comment deux des plus fins penseurs de leur époque étaient déterminés à payer de leur vie après avoir vu Jésus ressuscité. L’un est parti à l’est, l’autre à l’ouest. Aujourd’hui, davantage de personnes ont plié les genoux devant Jésus que pour tout autre nom.

Ce même voyage qui a commencé dans un pays a fini pour moi à Bangkok, en Thaïlande, deux semaines plus tard. Chaque jour, quand je regardais dehors par ma fenêtre, je scrutais la vue que j’avais à travers la Chao Phraya River, car cela ressemblait pour moi à un cimetière de l’autre côté. Aussi, je me suis enquis auprès du porteur de savoir s’il s’agissait d’un cimetière de l’autre côté de la rivière. Il a dit qu’il pensait que c’était cela. J’ai hélé un taxi et je me suis rendu là-bas. La principale raison était de voir par chance, si mon cher ami Koos Fietje, qui avait été assassiné en Thaïlande en 1981 à l’âge de 38 ans, pouvait avoir été enseveli là. Bangkok est une ville immense.  Mais j’étais sûr que les cimetières chrétiens ne seraient pas nombreux. Quand je suis entré, j’ai remarqué qu’il y avait des tombeaux qui remontaient aux années 1800. J’ai traversé le cimetière en regardant dans chaque direction. Soudain, je suis arrivé à la pierre dont vous voyez ici l’image. J’étais surprise. Koos et moi étions très proches à l’époque de notre premier cycle d’étudiants. Il a donné sa vie pour l’Evangile. La dernière fois où nous nous sommes rencontrés, c’était à Bangkok en 1974. Il est mort en 1981. Nous étions en 2019. Il est mort à l’âge de 38 ans. Je me tenais devant cette tombe 38 ans plus tard. Koos a servi comme missionnaire dans la Overseas Missionary Fellowship (Fraternité Missionnaire d’Outremer). 

 

J’ai posé quelques fleurs sur sa tombe et repensé à la puissante vie qu’il avait vécue. Oui, il y eut des larmes. Quand je suis reparti, le porteur m’a demandé I j’avais trouvé. Je lui ai montré la photo. Il l’a regardé et a dit : « Qu’est-ce que cela signifie ? » Il pointait le doigt vers le verset sur la pierre : « Pour moi, Christ est ma vie et la mort m’est un gain ». J’ai fait de mon mieux pour lui expliquer. J’ai vu une larme dans ses yeux.

Deux porteurs. Deux semaines différentes, deux pays différents. Les deux avaient une larme. L’un à cause d’une perte. L’autre à cause d’un gain. La résurrection de Jésus fait la différence.

L’auteur de l’hymne a dit triomphalement :

Du tombeau il s’est levé

Quel puissant triomphe au-dessus de ses ennemis

Il est ressuscité, victoire sur le camp des ténèbres

Et il vit pour toujours avec ses saints pour régner.

Il est ressuscité ! Il est ressuscité !

Alléluia ! Christ est ressuscité !

C’est la raison pour laquelle la salutation de Pâques n’est pas « Il n’est plus » mais « Il est ressuscité ! »

Et la réponse joyeuse : “Oui, en effet, il est ressuscité. »

Tiré de l’article écrit par Ravi Zacharias (RZIM).